Concevoir un site pour un public jeune

Concevoir un site pour un public jeune On vous a chargé de concevoir un site pour un public jeune ? Alors n’oubliez pas ces quelques remarques traduites librement par mes soins d’après l’article de Daniel Terdiman qui a décortiqué sur Wired une étude de Jakob Nielsen concernant le comportement en ligne des 13 – 17 ans. Par exemple, si vous concevez un site web pour les ados, évitez les textes trop petits. Non que les jeunes aient une mauvaise vue, mais considérez-les plutôt avachis en arrière sur leur chaise pendant qu’ils surfent…

Ce conseil, et d’autres encore concernant les éléments à prendre en compte lorsqu’il s’agit de concevoir pour des ados plutôt que pour des adultes, est disponible dans une étude publiée par Jakob Nielsen. Si on considère que les trois-quart des ados (américains) utilisent le web, on mesure la pression qui pèse sur les webdesigners pour prendre en compte les spécificités de cette population !

L’intéractivité semble être le dénominateur commun, dit Nielsen, qui a observé des ados américains et australiens utilisant des douzaines de sites web dans des registres différents. Les ados veulent faire quelque chose plutôt qu’être simplement assis pour regarder, ce qu’ils trouvent ennuyeux et ce qu’ils ont l’impression de faire déjà à l’école.

Nielsen explique que les meilleurs éléments interactifs sont composés de messages personnalisés, de sondages, de quizz, de questions à poser à des experts, et d’outils permettant aux ados de construire leur propre page web.

Un autre élément que les ados trouvent attirant, c’est l’utilisation d’images et de photographies pour libérer le texte du fardeau de la communication des idées. Mais malheureusement cela n’allège pas notre page web ! Et alors que les adultes n’apprécient pas les pages surchargées ou demandant trop de lecture, ils supportent plus facilement que les ados, un ratio texte/images important.

Les ados sont aussi beaucoup moins disposés que les adultes à rester devant un site ayant un contenu intéressant mais mal présenté. Ceci est flagrant : après une ou deux pages, les ados sont prêt à émettre un jugement sur le site. Les adultes n’y passent pas deux heures, mais sont tout de même plus patients s’ils pensent avoir besoin des informations pour leur travail ou pour préparer leur vacances.

Dans son étude, Jakob Nielsen montre des exemples de sites appréciés des jeunes.

Parmis ceux-ci, on trouve SparkNotes qui propose des fiches techniques dans les domaines proches de la chimie afin de préparer des tests d’aptitudes scolaires. Nielsen explique dans son étude, que les ados apprécient la combinaison d’informations utiles, l’apparance propre et l’interactivité. L’interface du site est conçue pour faciliter la recherche des informations nécessaires pour la réussite de leurs devoirs scolaires.

Le site d’Apple Computer en est un autre exemple : présentation soignée, bon équilibre entre les images et le texte présentés sur un fond blanc. Par ailleurs, la facilité avec laquelle les ados trouvent les informations confortant leurs intentions d’achats est un plus pour le site.

Nielsen ajoute qu’une des choses que les ados font (online) est une variante de e-commerce. Variante, parce qu’ils envisagent le plus souvent d’acheter leur produit via un canal physique, mais effectuent leurs recherches en ligne. Il est donc important pour les entreprises s’adressant aux jeunes de soigner les descriptions de leurs produits !

Mais tous les sites s’adressant aux ados n’essaient pas de leur vendre quelque chose. Nielsen écrit que les sites comme CSUMentor et TeensHealth sont bien évalués par les sujets de l’étude en raison de l’intelligent compromis entre information pertinente et présentation, sans oublier que ces sites ne demandent pas aux ados un travail de réflexion trop intense.

C’est comme si ce n’était pas un travail très difficile de jouer sur le site web et c’est ce qui attire les jeunes, dit encore Nielsen à propos de CSUMentor. Lorsqu’ils surfent, les ados recherchent la facilité.

D’autres sites sont identifiés par l’étude pour être ados friendly. Parmi ceux-ci ont trouve des sites : communautaires (createblog.com, MySpace.com, TeenChat.com) ; de loisirs (RollingStone.com, CartoonNetwork.com) ; de jeux (Real.com, GameFAQs.com, PlanetDreamcast) ; de contenu (Lyrics.com, ReligiousTolerance.com) ; d’achats (LaCie.com, WetSeal.com) et de sport (MLB.com, race-deZert.com).

Pour Susanna Stern, Professeur Assistante à l’Université de San Diego qui travaille régulièrement avec des ados, un des facteurs les plus importants pour attirer les jeunes, c’est de leur faire sentir qu’ils sont respectés. Si vous les prenez au sérieux, alors il vous prendront au sérieux, ajoute-t-elle.

Tout aussi important, dit-elle, c’est de permettre aux jeunes d’explorer leur identité en leur fournissant un environnement dans lequel ils peuvent expérimenter des idées de style, leur façon d’être, leur manière de s’habiller, ainsi que leurs pensées à propos des problèmes qu’ils rencontrent – et tout ça de manière anonyme.

Mais Stern ajoute que les ados ont besoin de compréhension et s’inquiètent moins de leur vie privée sur internet que les adultes. Elle avoue être souvent surprise de voir combien les ados sont prêts à se dévoiler. Tout ceci pour dire que les jeunes n’ont pas la même attitude que les adultes vis-à-vis des sites commerciaux, notamment lors du recueil d’informations personnelles. Les jeunes ont tendance à aller au-delà des intentions des entreprises.

Au final, dit-elle, les ados ne semblent pas s’inquiéter du fait que les entreprises essaient d’en profiter. Il faut dire que les jeunes sont très futés lorsqu’il s’agit de la publicité, mais aussi qu’ils s’en moquent pas mal !

PS : d’autres traductions d’articles sur les sujets du web sont disponibles dans la catégorie Traductions.